[L'humeur du vendredi 7 avril 2017] Il faut comprendre pour aimer

Quand un contresens est colporté par des célébrités, il peut faire du mal. C'est le cas pour la Marseillaise, notre hymne national, victime de la non compréhension du sens véritable de ses paroles.

06/04/2017 à 17:12 par Jean-Michel ROCHET

Définition de la Marseillaise sur un ancien Larousse. -
Définition de la Marseillaise sur un ancien Larousse. -

Le fait a été très récemment rappelé par un internaute briard (qui se reconnaîtra) sur sa page Facebook : peu de gens comprennent réellement les paroles de notre hymne national. Conséquence inévitable, certains d’entre eux les condamnent, les trouvent trop violentes, xénophobes même et réclament qu’on en adopte d’autres plus pacifistes. Condamner ce que l’on ne comprend pas, voilà qui est courant, mais ne pas savoir que l’on ne comprend pas, c’est plus ennuyeux… Surtout lorsque l’on colporte son ignorance, basée sur un contresens, avec l’autorité que vous donne votre célébrité…

Il est donc sans doute utile de rappeler que les mots « qu’un sang impur abreuve nos sillons », les plus rejetés par ceux qui, justement, ne les comprennent pas tout en étant persuadés de les comprendre, ne signifient pas du tout qu’on souhaite inonder nos champs du sang de l’ennemi étranger… Le « sang impur » est tout simplement l’opposé du « sang pur » et cette dernière expression était utilisée par la noblesse pour se désigner elle-même. Comme presque tous les nobles étaient ennemis de la liberté naissante, au moment où la Marseillaise a été écrite, et réfugiés hors du pays pour attaquer les Français qui luttaient pour l’idéal révolutionnaire, c’est tout naturellement qu’on a choisi d’appeler les volontaires de l’armée du Rhin à verser leur sang pour la liberté, ce « sang impur » des gens du peuple, des gueux qui allaient combattre pour la liberté aux frontières.

Loin d’être une incitation à la haine et aux massacres des autres, la Marseillaise est donc un appel au sacrifice de soi. D’autres ont aussi choisi pour slogan « la liberté ou la mort » ce qui a, en réalité, la même signification que les paroles écrites par Rouget de Lisle à Strasbourg en ce printemps de 1792.

Ah ! Si tous les beaux esprits ennemis de ce chant de la liberté pouvaient, à défaut de comprendre les mots, respecter ces paroles qui furent souvent les dernières de ceux qui, luttant à diverses époques pour notre liberté, sont morts en les chantant… Ils se tairaient sans doute et feraient bien.

Jean-Michel ROCHET

Sur Twitter : @JMRochet

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