Article du 06/03/2010 à 15:43
Parc naturel régional : où en est-on ?
Diagnostic, périmètre, AOC brie de Coulommiers : le président de l'association des élus pour le Parc Naturel Régional de la Brie et des 2 Morins passe en revue les avancées du projet.

« Nous ne sommes pas là pour vendre une idéologie ou un dogme, rappelle Jean-Louis Vaudescal. Nous sommes des élus qui parlons aux élus au-delà de toute conviction politique. »  Et l'enjeu est de taille puisqu'il s'agit d'un projet de grande ampleur : celui du Parc naturel régional (PNR) de la Brie et des 2 Morins. Un projet porté par le Conseil régional, avec l'aide du Conseil général, des services de l'Etat et surtout des élus briards dont les communes sont appelées à intégrer un territoire préservé allant de Crouy-sur-Ourcq à Touquin, de Villeneuve-le-Comte à Meilleray, en passant par Coulommiers, La Ferté-Gaucher, Rebais, La Ferté-sous-Jouarre et Crécy-la-Chapelle.

Le 21 décembre dernier, les premiers éléments de diagnostic de l'étude d'opportunité et de faisabilité du projet ont été présentés. Une phase importante, mais il reste bien des étapes avant d'arriver au classement du territoire en PNR. Jean-Louis Vaudescal, maire de Couilly-Pont-aux-Dames, mais aussi président de l'association des élus pour le PNR fait le point. L'enjeu de 2010 ? « Constituer, ou pas, une association ou un syndicat mixte d'études pour l'élaboration de la charte ».  Entretien.

Le Pays Briard : Qu'est-ce qui se dégage du diagnostic porté sur notre territoire ?

Jean-Louis Vaudescal : L'agriculture est spécifiquement à préserver. Ça n'est pas simple parce que tous les acteurs n'ont pas la même vision des choses. Mais des efforts ont déjà été produits, notamment en ce qui concerne les ressources en eau. Le PNR doit intégrer nos agriculteurs, nos céréaliers et nos producteurs de lait. Il existe aussi un patrimoine architectural briard qu'il faut préserver et mettre en valeur ; également des rivières de grandes qualités. Tout cela offre une possibilité écologique et touristique. Mais il faut avoir des fers de lance. Nous sommes dans le secteur du brie, dont l'un s'appelle le coulommiers. Et on ne l'exploite pas en terme d'appellation.

L.P.B. : Le projet d'obtention d'une AOC pour le coulommiers lancé par Le Pays Briard et la Foire aux fromages peut donc être un de ses "fers de lance"  ?

J.-L.V. : C'est du pain béni. Le coulommiers et les bries vont partout en France. Où que l'on aille, les gens savent ce que c'est que le brie. Charge à nous de l'utiliser et d'en faire un fer de lance. Le territoire francilien, c'est 11 millions de personnes qui y vivent. Il faut faire venir les visiteurs en Brie, qu'ils sachent que notre territoire est agréable à visiter, entre autres grâce à sa gastronomie et sa typicité.

L.P.B. : Faire connaître la Brie serait une des fonctions du PNR. Mais on est encore loin de sa création. Qu'en est-il de son périmètre ?

J.-L.V. : L'Etat a rendu son avis (ndlr : en juillet 2009). Ce sont des préconisations et non une décision. Cet avis indique qu'une partie du territoire d'étude (en dessous de la N.4, le bout de la vallée de l'Aubetin) n'est pas cohérent et qu'il faudrait associer d'autres communes. Nous sommes à 132 communes. Mais nous pouvons pressentir que nous ne serons pas sur les mêmes communes à la fin.

L.P.B. : Qui le décidera ?

J.-L.V. : L'association ou syndicat mixte d'études pour l'élaboration de la charte, avec l'agrément de la Région, du Conseil général et des communes adhérentes, obtiendra ou non l'agrément de la fédération des PNR. Si nous n'avons pas la labellisation, il n'y aura pas de parc. Son avis est rédhibitoire. D'où l'importance de travailler en amont sur la cohérence et les enjeux du territoire.

L.P.B. : Obtenir une labellisation PNR avec une zone logistique comme celle des Effaneaux prévue entre Montreuil-aux-Lions et Lizy-sur-Ourcq est-il possible ?

J.-L.V. : Pour moi, la zone des Effaneaux ne peut être dans le PNR. Mais il faut savoir que le territoire d'une commune peut être partiellement inclus. Ce n'est pas blanc ou noir. Prenons une commune qui a 50 % de sa surface en parc boisé et le reste qui est urbanisé. On peut accepter de la classer dans un PNR pour préserver son bois. Mais là où il y aura les Effaneaux, ce sera difficilement conciliable avec le label PNR.

L.P.B. : Le périmètre du PNR pourrait donc avoir des trous ?

J.-L.V. : On peut, mais il faut éviter d'en avoir trop. Notre périmètre, avec une centaine de communes, représente, en gros, une patatoïde. Si elle a un trou au milieu, c'est qu'il y a un problème. Mais si la logistique, par son architecture pauvre et son ampleur, ne convient pas au label, on peut avoir une zone d'activités réduite ou un centre commercial à taille locale.

L.P.B. : Le centre commercial de Coulommiers avec son hypermarché a-t-il une "taille locale" ?

J.-L.V. : Ce qui existe, existe. Après, tout est une question de proportion. Coulommiers est différent de Couilly-Pont-aux-Dames. Si la charte existait aujourd'hui et qu'un centre commercial se crée, on veillerait à son intégration au site. Mais on ne peut pas demander à ce qu'il n'y ait plus de supermarché.

L.P.B. : La toute dernière étape sera le classement du territoire en PNR. A quelle échéance voyez-vous pris ce décret ?

J.-L.V. : J'aimerais que ce soit fait durant ce mandat. Parce que dès qu'il y a des élections, on prend du retard. 2010 sera l'année fondatrice de l'association ou du syndicat mixte d'études pour l'élaboration de la charte. Pour l'association des élus, l'enjeu sera d'aller voir les maires et conseillers municipaux, de répondre à leurs questions et de convaincre les communes de venir. 2011 sera une année de production. Après, il faut compter 2 ans. 2013 est donc un délai raisonnable.

Entretien réalisé par Carine Martin

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