Lumigny-Nesles-Ormeaux :
Prison ferme pour la conseillère municipale et son fils

Christiane Chocat
Christiane Chocat, 51 ans, et son fils Benjamin, ont été condamnés à 3 et 5 ans de prison ferme pour avoir transporté des immigrés à entrer illégalement au Royaume-Uni.
Personne ne s'attendait à un verdict aussi lourd : 5 ans de prison ferme pour Benjamin Chocat et 3 ans pour Christiane, sa mère.
C'est le verdict qu'a pris le tribunal de Portsmouth, à l'encontre de deux Français. Christiane Chocat, 51 ans, conseillère municipale à Lumigny-Nesles-Ormeaux, et son fils Benjamin, 20 ans, étaient poursuivis pour avoir aidé des immigrés clandestins à entrer au Royaume-Uni.
Les faits remontent au 1er octobre dernier. Ce jour-là, Christiane et Benjamin Chocat ont pris le bateau à Cherbourg à bord d'une camionnette de location remplie de cartons de nouilles chinoises. Mais derrière ces cartons se trouvaient 16 Vietnamiens cachés dans une caisse en bois. C'est une fois arrivés à Portsmouth que les passagers clandestins ont été découverts, trahis par la buée sur les vitres du fourgon. Les Vietnamiens ont été renvoyés en France. Quant à la Briarde et son fils, ils ont été incarcérés.
Début janvier, les deux Français ont décidé de plaider coupables, afin d'éviter le procès. Rappelons que dans une lettre adressée à son mari, Christiane Chocat avait malgré tout assuré ignorer tout de la présence des passagers clandestins. Une version partagée par Georges Chocat, pour qui son épouse s'est fait manipuler par Benjamin, particulièrement attiré par l'Asie.
"C'est cher payé..."
Pour justifier le verdict, le juge de Portsmouth a souligné avoir prononcé une peine dissuasive, reflétant la gravité des faits. Le magistrat a également souligné que Christiane Chocat avait joué un rôle secondaire par rapport à son fils notamment en louant et en conduisant la camionnette (Benjamin n'ayant pas le permis).
Personne ne s'attendait donc à un verdict d'une telle sévérité et surtout pas Georges Chocat. « C'est n'importe quoi !, s'exclame le Briard. Je pense qu'ils ont voulu faire un exemple car l'Angleterre en a marre de l'immigration clandestine qui vient de France. »
Comme lors de l'arrestation de sa femme et de son fils, c'est par un de nos confrères journalistes que Georges Chocat a été informé du verdict. « Quand il m'a dit ça, j'ai cru que j'allais tombé », lâche-t-il.
C'est à cette occasion que Georges Chocat a appris que son fils aurait accepté d'effectuer ce transport de clandestins moyennant la somme de 24.000 euros. Une information qui le laisse perplexe. « C'est pas que je ne crois pas qu'on lui ait proposé cette somme d'argent mais pourquoi en parle-t-on que 4 mois après ! Voilà que du jour au lendemain, on trouve 24.000 euros... » C'est pourtant sur ce point que l'avocat de Benjamin Chocat a plaidé, déclarant que son client était confronté à de graves difficultés financières. « Peut-être que cette peine lui servira de leçon mais c'est cher payé, lâche son père. C'est navrant...»
L'avocat de Benjamin Chocat a immédiatement fait appel de ce jugement. Celui de
sa mère n'a pas encore pris sa décision.
Article rédigé par :
Amélie Lécoyer