Coulommiers : la zone industrielle panse ses plaies

Johan Duter, responsable de Joué Club, devant le site de l'imprimerie Brodard : « Jeudi dernier, à 15h, nous avons été obligés d'évacuer notre magasin. »
Durant les actions des Brodard sur le boulevard de la Marne, de nombreuses entreprises ont connu des perturbations sur leur chiffre d'affaires. Enquête.
Le combat des Brodard s'est terminé dans la nuit de jeudi à vendredi, la semaine dernière. Un combat acharné dans lequel les salariés de l'imprimerie columérienne se sont engagés avec vigueur et détermination, ne lâchant jamais le morceau. Aujourd'hui encore, le boulevard de la Marne, particulièrement le rond-point en face du centre commercial, porte les stigmates de ces longues journées de lutte sociale. Pourtant, sur place, il n'y a plus aucune trace d'encre ou un morceau de papier brûlé qui traîne... Dans la matinée du vendredi 16 juillet, des Brodard sont venus retirer ce qu'il restait des imposantes bobines de papier. Comme ils l'avaient promis... Le reste, ce sont les employés municipaux qui l'ont enlevé.
Désormais, c'est l'heure des réparations. « Il faut refaire complètement le bitume du rond-point, explique Franck Riester, le député-maire de Coulommiers. Il est entièrement dévasté. L'enrobé sur les trottoirs également. Nous sommes actuellement en attente de devis mais d'après les premières estimations, les différents travaux à effectuer auront un coût supérieur à 30.000 euros. »
Concernant le rond-point en lui-même (que le centre commercial Leclerc avait rétrocédé à la ville en 2006 après en avoir assumé les frais de construction), il est « dans un sale état » : la terre et les plantes qui s'y trouvaient ont intégralement brûlé et le sol a été pollué par l'encre et les différents produits déversés. « Les nappes souterraines n'ont pas été touchées, indique-t-on du côté de la mairie. C'était la priorité des pompiers : que l'encre n'aille pas dans le réseau d'eau pluviale. » Reste que la mairie devra régler la note : « Il s'agit d'une circonstance exceptionnelle. Comme nous avons toujours une marge financière, nous pouvons débloquer aisément les fonds. »
Une perte de 20.000 euros pour le centre Leclerc
Mais la ville n'est pas la seule à faire les frais de la mobilisation des Brodard. A Peugeot, notamment, les clients se sont faits rares. Et après les événements de la nuit du dimanche 11 au lundi 12 juillet, la majorité des véhicules exposés sur le parking avaient été placés à l'abri.
Le magasin Joué Club est situé en face du site occupé par l'imprimerie Brodard Graphique. Lui, par exemple, a dû fermer durant tout l'après-midi de jeudi. « A partir du moment où le feu s'est déclenché sur le rond-point, plus personne ne pouvait approcher de notre enseigne », raconte Johan Duter, responsable. En effet, les forces de l'ordre avaient placé des barrières aux deux extrêmités du boulevard de la Marne afin d'empêcher les gens de s'approcher. Impossible de circuler, que ce soit à pied ou en voiture. Conséquence pour le magasin spécialisé dans la vente de jouets : « Nous avons été directement perturbés et avons subi une perte du chiffre. »
En revanche, au centre commercial Leclerc, on note une situation plus « paraxodale » : « Nous avons davantage été touchés le mardi que le jeudi », indique ainsi Joaquim Ribeiro, son directeur. L'homme explique avoir perdu près de 20.000 euros de chiffre d'affaires sur la journée de mardi. Deux jours plus tard, c'est sur la vente de carburant que l'action des Brodard a pesé. Leclerc a accusé une chute de 20%. « Nous avons été obligés, par sécurité, de fermer la station-service dès 15h parce que dès qu'ils ont enflammé le rond-point, le feu s'est propagé. C'est une décision que nous avons dû prendre et c'est pour cela que je suis resté sur le parking durant tout l'après-midi, assure Joaquim Ribeiro. Pour prendre des décisions. »
Des commerçants compréhensifs
D'autres entreprises du boulevard de la Marne n'ont été, elles, que peu touchées. C'est le cas, par exemple, de M. Bricolage. Christian Cesco, son directeur, raconte : « Nous avons demandé aux policiers de reculer les barrières pour que les potentiels clients aient un minimum d'accès. Au final, nous n'avons pas tellement été dérangés. » Même son de cloche du côté de Mc Donald's et de son directeur, Emmanuel Leroy : « Nous n'avons été gênés que pendant dix petites minutes. »
Malgré les pertes financières occasionnées, les différents commerçants expliquent ne pas en vouloir aux Brodard. « Ils ont vécu une situation qui, humainement, est difficile, raconte Joaquim Ribeiro. Personnellement, je les comprends. »
La remise en état du rond-point débute aujourd'hui
« Le plus urgent, cela reste la chaussée ainsi que les trottoirs », note-t-on du côté de la mairie. Depuis le début de la semaine, il est possible de voir des engins au niveau de l'entrée du site de l'imprimerie. Pour ce qui concerne le rond-point, une société intervient depuis aujourd'hui afin de le remettre en état. Un travail de reconnaissance avait été effectué en début de semaine. A noter également que les services de la ville vont mettre la main à la pâte puisqu'ils vont participer aux travaux.
Article rédigé par :
Gaël Arcuset