Article du 05/08/2010 à 07:45
Bellot : Alain Lourdin collectionne plus de 300 bêtes
Alain Lourdin consacre sa retraite à sa passion : les animaux. Il ne manque pas de faire partager sa passion aux enfants.

«Qu'est-ce qu'on dit à Monsieur Lourdin ? », demande Blandine Guerit.  « Un gros merci ! » répondent en coeur les enfants du centre de loisirs de Villeneuve-sur-Bellot à leur directrice. Mardi 27 juillet, trente-quatre enfants âgés de 3 à 11 ans ont eu la chance de découvrir le parc animalier d'Alain Lourdin, à Bellot. Une sorte de minizoo où s'épanouissent près de 300 animaux à deux pas de la place de l'Eglise.

« Je suis content de montrer mes animaux », avoue timidement Alain Lourdin, retraité depuis peu. Le Briard né voilà 60 ans à Sablonnières, au hameau Le Vautron, est connu pour avoir restauré pendant 25 ans un grand nombre de briardes du secteur de Bellot. Son entreprise aux neuf employés a été revendue en avril dernier (Le Pays Briard du mardi 9 avril 2010), lui offrant tout le loisir aujourd'hui de s'adonner à sa passion : les animaux de race. Depuis, sa ménagerie grandit de jour en jour, « le signe que les animaux se sentent bien ». Sur plus d'un hectare et demi, vivent en semi-liberté animaux de la basse-cour, canards, cygnes et autre palmipèdes d'un côté, poneys et chevaux un peu plus loin, ou encore de jeunes autruches dans son jardin. Sans oublier les résidents de sa volière, les tortues, ou la cage des écureuils. En tout, plus d'une centaine de races d'animaux constituent cette drôle de collection. 

Fils d'agriculteur, Alain Lourdin a toujours vécu entouré d'animaux. « A 11 ans, j'avais déjà 16 chèvres », se souvient le quinquagénaire, l'oeil pétillant. Jusqu'à ses vingt ans, il élève des canards, des paons et des faisans, avant d'entrer dans la maçonnerie. « Les animaux ne sont pas mon métier, mais ma passion », justifie l'intéressé. Un virus qu'il n'a pas forcément transmis à ses trois enfants, mais qui ravit tout de même ses trois petits-enfants, qui vivent dans les environs de Bellot et de Sablonnières, ainsi que tout ceux qui lui rendent visite. 

Car Alain Lourdin est de ceux qui aiment partager leur passion. Fréquemment, l'école de Bellot, le centre pour enfants handicapés de La Ferté-Gaucher et d'autres établissement viennent à sa rencontre. « Deux couples de mariés sont venus faire des photos, et je suis très ouvert aux visites », lance Alain Lourdin, qui ne demande rien en échange si ce n'est le respect pour ses animaux. « Je passe devant son terrain tous les jours, et voir tous ces canards autour de cette marre m'intriguait, explique Blandine Guerit, directrice du centre de loisirs de Villeneuve-sur-Bellot. C'est la première fois qu'elle emmène les enfants à la découverte de cette grande arche de Noé. Jamais je n'aurais cru qu'il y avait tant d'autres animaux ! Alain Lourdin fait découvrir des choses magiques aux enfants et nous avons été accueillis comme des rois ! » Alain Lourdin est comme ça : il a le c�ur sur la main. Mais il est bien trop timide pour l'avouer. « Les enfants me rendent service en fin de compte, ils ramassent les plumes ! », esquive-t-il.

Son art de vivre

Dès 7 heures le matin, Alain Lourdin rend visite à ses animaux, les nourrit, nettoie leur tanière et les guérit quand ils sont malades. Le soir, il continue de les admirer et de les cajoler. La nature l'émerveille toujours autant : « L'autre jour, un pigeon couvait des poussins, et j'ai déjà eu des poules qui élevaient des canetons ! » Les derniers nés de sa tribu : des bébés cygnes, des lapereaux et un petit chiot, qui ont attendri les enfants mardi dernier. Mais bien qu'il aime ouvrir son univers, Alain Lourdin ne souhaite pas s'afficher lors de concours, même si son coq, sa grande fierté, aurait des chances de rafler tous les prix.

« Ici, c'est un peu la maison du bon dieu ! », conclut celui qui recueille parfois des animaux dont les propriétaires n'ont plus les moyens de s'occuper. Il se charge ensuite de leur retrouver une famille d'adoption. De nature arrangeante, il aime rendre service au animaux, comme aux hirondelles, pour qui il n'hésite pas à multiplier les aménagements de fortune. Avec une quinzaine de nids dans ses bâtiments, il estime favoriser la reproduction de 500 hirondelles chaque année. « L'été, j'enlève les carreaux de certaines portes pour qu'elles puissent nicher, et je les remets en hiver ! »

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