Coulommiers : la fausse rivière :un rôle primordial

Jean-Luc Fournal et Guy Mourin, près de la vanne de la Sucrerie, qui permet de gérer la fausse rivière.
Pour réguler le Grand Morin et préserver le centre-ville, Coulommiers s'appuie sur une fausse rivière, capable de retenir près de 500.000 m3 d'eau. Explications.
Un portail... puis un deuxième portail. Une seule clé pour les ouvrir. N'accède pas qui veut à la vanne de la Sucrerie. C'est ici-même, à quelques mètres seulement de la salle columérienne, que des personnes spécialisées interviennent pour gérer « la fausse rivière ». La fausse rivière ? « Il s'agit en réalité d'un bras aménagé pour dévier l'eau qui arrive en ville », souligne Jean-Luc Fournal, responsable de la voirie et des infrastructures à la ville de Coulommiers. Un bassin de retenue, en d'autres termes, qui prend l'eau au niveau de Pontmoulin et traverse la ville. « Cela permet d'alléger le Grand Morin en centre-ville. Et donc de le mettre en sécurité », argumente Guy Mourin.
Le responsable des réseaux d'eau et d'assainissement de Coulommiers est la personne qui intervient directement au niveau de la fausse rivière. « Je suis complètement autonome, précise-t-il. Je commande moi-même la vanne. » En période de crue, l'homme est constamment aux aguets : il passe trois fois par jour. Vigilance constante.
Comment régule-t-il le vannage ? En s'appuyant sur une échelle de crue, placée en contre-bas, au niveau de la fausse rivière. Une autre échelle se trouve à Pontmoulin. « Selon ces deux données, je régule le vannage. Le tout fonctionne au centimètre près. J'agis en fonction des données météorologiques, je tiens également compte de ce qui se passe en amont ainsi qu'en aval, à Pommeuse, ajoute Guy Mourin. Nous avons à disposition des balises très précieuses et devons tenir compte de nombreux facteurs. »
Une collaboration de Crécy à Coulommiers
Si ce bassin de retenue, d'une capacité de stockage de 500.000 m3, est si précieux, c'est surtout parce qu'il permet de réguler le Grand Morin bien après Crécy-la-Chapelle. Comprenez : sans lui, impossible de retenir des eaux excédentaires de la rivière.
La fausse rivière protège donc le centre-ville de Coulommiers mais également les communes en aval. « Il s'agit d'un élément très précieux », affirme Michel Houel, président du syndicat intercommunal du Grand Morin.
Forcément, de Coulommiers à Crécy-la-Chapelle, les communes se contactent pour s'informer régulièrement de l'évolution de la situation. Idem pour les communes en amont de Coulommiers : « Dès qu'elles ouvrent leur vanne, elles nous informent », indique Jean-Luc Fournal. « Lors des périodes de crue ou de montée des eaux, je suis souvent en liaison avec Michel Houel », reprend Guy Mourin.
Un système de télégestion
Ensemble, les personnes concernées, de Coulommiers à Crécy-la-Chapelle, tentent d'établir la meilleure des stratégies possibles. Et il faut parfois aller vite... Car « le Grand Morin va vite : il monte aussi rapidement qu'il descend ! »
Agir vite et bien : voilà donc l'objectif de Guy Mourin. Aussi, afin d'optimiser la réactivité, un système de télégestion pourrait être installé pour la vanne de la Sucrerie. « Ce système permettra de gérer le vannage à distance, il n'y aura donc plus besoin de se déplacer », indique Jean-Pierre Aubry, adjoint délégué à l'urbanisme, au cadre de vie et au développement durable. La date de mise en service n'est pas encore connue des services municipaux. Mais cela pourrait être dans le courant de l'année.
Article rédigé par :
Gaël Arcuset