400.000 euros de travauxpour moins polluer chez Brenntag à Tournan

En juin dernier, un exercice destiné à tester le bon fonctionnement du plan particulier d'intervention (PPI) avait eu lieu à Brenntag. Les employés de l'entreprise réceptionnent des citernes contenant
Les rejets du site du stockage de produits chimiques sont bien au-delà des normes. D'importantes améliorations ont été mises en oeuvre pour les limiter.
Voici quelques chiffres des rejets de l'entreprise Brenntag de Tournan-en-Brie : 114,7 mg/l de fer au lieu de 5 mg/l, 101 mg/l d'aluminium au lieu de 5 mg/l, 1.319 mg/l de matières en suspension au lieu de 600 mg/l : Ces chiffres, qui dépassent largement les normes, sont inscrits dans le rapport annuel d'assainissement 2009. Et ce n'est pas la première année que l'entreprise Brenntag, un site qui stocke des produits chimiques (javel, lessive de soude, acides chlorhydrique et sulfurique...), classé SEVESO seuil haut, dépasse ainsi les normes de rejet.
« Ce n'est pas d'aujourd'hui que Brenntag pose des problèmes de pollution dans son environnement, remarque de son côté Jacques Heller, adjoint au maire chargé de l'urbanisme et de la prévention des risques majeurs. La commune a déjà porté plainte. »
C'était en 2008 et 2009, à l'occasion de deux pollutions de la Marsange. « C'était des tensio-actifs, c'est-à-dire du savon, qui s'étaient retrouvés dans les eaux pluviales puis dans la Marsange car il n'y avait, alors, pas de zone dédiée au transfert du camion aux conteneurs, précise Philippe Muller. Cela avait fait de la mousse sur la Marsange mais ne présentait pas de danger ». « Les conséquences n'avaient pas été catastrophiques pour la faune et la flore », confirme Christian Morestin, président du syndicat de la Marsange.
Surveillance accrue
Depuis ces pollutions, le conditionnement de tous les produits se fait uniquement sur des zones de rétention.
Si les pollutions de la Marsange n'étaient donc pas imputables aux rejets du site (cela aurait été plus grave), elles ont tout de même incité la Préfecture à fixer des normes plus sévères (lire ci-contre).
Des normes que le site a donc bien du mal à respecter. « On stocke beaucoup de produits différents, justifie Philippe Muller, président de Brenntag France. Il est difficile de traiter les effluents quand il y a une telle hétérogénéité. » Car les rejets du site ne partent pas directement dans la station d'épuration du Syndicat intercommunal de collecte et de traitement des eaux usées (SICTEU). « On rejette dans la station de Presles après traitement », précise ainsi Philippe Muller. « C'est vrai qu'il y a des non-conformités mais on n'a jamais eu de gros souci avec Brenntag », relativise Dominique Rodriguez, président du SICTEU, qui souligne que la station d'épuration implantée sur sa commune a davantage souffert, il y a quelques temps, des importants rejets organiques de la Compagnie française des grands vins.
Après un an d'étude, Brenntag a malgré tout lancé, l'été dernier, sur son site tournanais, d'importants investissements destinés à améliorer le processus de traitement des effluents. D'un montant de 400.000 euros, les travaux devraient se terminer en mars.
De quoi rassurer les Tournanais...
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